Une idée fausse, assez commune, est de penser qu’il est bon d’être aimé.
Alors que ce qui est bon est d’aimer. Lorsque Kamala invite à « percevoir la réalité du moment », à le vivre comme un espace « ouvert », « illimité mais tangible », « source de créativité », ne serait-ce pas d’amour dont elle parle ? Peut-être d’amour inconditionnel, qui est d’aimer ce qui arrive, ce qui est là, en ce moment présent. Pas seulement ce monde en 3 dimensions situé dans le temps et l’espace que nous percevons par nos sens. La réalité serait multidimensionnelle. Regardez les champignons. Leur quatrième dimension est de créer du lien, de manière organique, non hierarchique. À ce titre, exemplaire ! On ne les voit pas, on ne les entend pas, on ne perçoit rien…, et on les découvre seulement aujourd’hui alors qu’ils ont façonné sols, roches, climat et même les océans et continuent de le faire en jouant un rôle prépondérant dans la création de matières végétales. Le mycélium, cette masse de filament blanc constituant leur appareil végétatif, peut s’étendre sur des espaces incommensurables. Les spores peuvent mettre des années à s’exprimer sous l’écorce d’un bouleau… ou grandir à l’intérieur d’un insecte. Le Cordyceps militaris, par exemple, fait partie de ces champignons parasite des larves de papillons de jour ou de nuit. Très convoitée par l’industrie du complément alimentaire pour son apport énergétique, sa culture a été développée il y a une vingtaine d’années pour se substituer à la consommation de son cousin de la médecine tibétaine, trop recherché sur les hauts plateaux à 4 000 m, entraînant un désastre écologique, s’échangeant à plus de 100 000 € le kilo, notamment vers le marché chinois.
Ces champignons médecine nous enseignent et nous rappellent à une certaine humilité, que la nature, le corps humain, sont et restent mystérieux, constitués d’un mycélium de cellules, de neurones… Aussi, lorsque la santé est altérée ou pour la conserver, n’hésitons pas à nous ouvrir à toutes sortes de techniques, celles qui nous conviennent le mieux, en complémentarité. En Suisse, les thérapies neurale ou quantique sont remboursées; le yogathérapeute peut devenir un professionnel intégré dans le milieu hospitalier ; la fameuse théorie des signatures a des correspondances avec l’ayurveda ; en ce début de printemps, utilisons en tisane ou en décoction les plantes dépuratives, même si les législations et les réglementations concernant les produits de la pharmacopée autorisés restent par trop tatillonnes, restrictives et souvent absurdes . Le soin, comme la pratique du yoga, doit être « adapté » à la personne, et le parcours du patient, bienveillant. Restons vigilants et à l’écoute des traditions éprouvées et humaines (voir Soljenitsyne) et des techniques qui vibrent en nous, en toute autonomie.
La connaissance de soi et l’auto-investigation pronée par Ramana comme voie directe, sont au cœur de la vie en bonne santé, nous rappelle Babacar Khane : « ce que tu réalises, cela, tu le deviens ».
Alors, comme Rimbaud à 16 ans, pendant une marche printanière :
Je laisserai le vent baigner ma tête nue
Je ne parlerai plus, je ne penserai à rien. (Sensation).





